| Les
premières traces d'une présence
humaine dans la région remontent
à 700 000 ans.
Apparition de l'Homo Sapiens,
30 000 avant J.-C. qui décora
les parois de la grotte Cosquer.
L'élevage et l'agriculture
furent introduits 7 000 ans avant
J.-C.
La vigne
quant à elle fut introduite
par les Grecs qui fondèrent
Marseille
vers l'an 600 avant notre ère.
Ne pratiquant pas une colonisation
de peuplement mais cherchant plutôt
à développer des échanges
commerciaux avec les Romains, ils
laissèrent l'arrière-pays
aux tribus celto-ligures.
La présence romaine fut, elle,
beaucoup plus significative. La fondation
d'Aquae Sextiae (Aix), leur
première ville en Provence,
en 122 avant J.-C., fut le début
d'une colonisation en règle
qui prit un siècle et fut le
plus souvent menée pacifiquement.
De très nombreux vestiges en
témoignent : arc de triomphe
d'Orange,
pont Julien (à 8 km à
l'ouest d'Apt),
Vaison
la Romaine, mais aussi le Trophée
des Alpes à La
Turbie, célébrant
la victoire d'Auguste sur les tribus
ligures.
La Provence fut le foyer de la romanisation
de la Gaule, à laquelle elle
fut réunie en l'an 27.
Selon la tradition chrétienne,
la région aurait été
le lieu de débarquement (aux
Saintes-Maries-de-la-Mer) de Lazare,
Marie Jacobé, Marthe, Marie-Salomé
et Marie-Madeleine, et leur servante
Sara.
Néanmoins, il semble que le
christianisme ne se soit vraiment
développé en Provence
qu’après la conversion
de Constantin, qui fit d’Arles
sa ville favorite en Occident, aux
dépens des autres grandes cités
provençales, Aix,
Marseille
ou Nîmes.
En 536, la Provence entra dans le
royaume franc et passa successivement
aux mains de plusieurs maîtres,
au gré des partages successoraux
des rois francs.
Dans la première moitié
du VIIIème siècle, la
situation s’aggrava encore avec
les invasions arabes.
Ces invasions suscitèrent,
entre 736 et 740, une implacable répression
par Charles Martel, qui dégagea
pour un temps la région de
la pression des Sarrasins.
Sous les Carolingiens, la Provence
retrouva un semblant de tranquillité
malgré la menace permanente
des Arabes. Les invasions germaniques
mirent à mal la prospérité
et la quiétude provençales.
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La région fut
alors partagée entre les différentes
puissances barbares. En 471, les Wisigoths
prirent Arles et, entre 476 et 508,
la région fut partagée
entre Burgondes et Wisigoths.
À partir de 508, les Ostrogoths
succédèrent à
ces deux puissances et, se considérant
comme les mandataires de l’empereur
d’Orient, restaurèrent
les institutions romaines. Convertis
au catholicisme, ils firent de la
Provence l’un des grands foyers
du monachisme aux VIème et
VIIème siècles, notamment
avec la création des monastères
de Lérins ou de Saint-Victor.
La dislocation de l’empire
fondé par Charlemagne, à
la suite des nombreux partages successoraux,
mena, en 855, à la création
d’un royaume de Provence autonome.
Menacé, attaqué sans
cesse par les Sarrasins mais aussi
par les Normands, qui s’implantèrent
alors en Méditerranée,
le royaume passa aux rois de Bourgogne
et au Saint Empire romain germanique
en 1032.
Les invasions sarrasines favorisèrent
le développement de la féodalité.
Aussi, au XIème siècle,
la Provence avait changé de
visage par rapport à la Provence
antique. Les villes avaient perdu
une bonne part de leur importance
au profit des seigneuries rurales.
Cependant, les XIème et XIIème
siècles virent les villes retrouver
une certaine autonomie grâce
à l’essor de la vie économique.
Les chartes de franchise établirent
progressivement le pouvoir des «consuls»
sur l’administration urbaine
au détriment de celui des seigneurs.
Cette prospérité urbaine
fut la source du style roman provençal
et de l’art des troubadours
qui essaima partout en Europe.
Malgré tout, la région
restait une proie pour les puissances
voisines.
Convoitée par la Catalogne
et les comtes de Toulouse, la Provence
subit plusieurs expéditionsroyales
françaises.
Ainsi, en 1226, Louis VIII mit le
siège devant Avignon
et, en 1229, le traité de Paris
fit passer entre les mains du roi
de France toutes les terres situées
sur la rive droite du Rhône,
tandis que celles situées à
l’ouest du fleuverestaient sous
la domination des comtes de Toulouse.
En 1246, l’héritière
du comté de Toulouse, Béatrice
de Provence, prit pour époux
Charles d’Anjou. La Provence
entra alors dans la maison d’Anjou,
qui y mena une politique d’ordre
et de paix.
C’est peu après qu’Avignon
devint la résidence des papes.
À partir de 1309, en effet,
le pape Clément V résida
en Comtat venaissin sous la protection
du roi de France.
Cette présence de la papauté
en Avignon
dura près d’un siècle
et permit un essor considérable
de la ville.
La seconde moitié du XIVème
siècle fut pour la Provence
une période difficile comme
pour le reste de l’Europe. Ravagée
par la Grande Peste apparue en 1348,
la région connut également
la famine et les pillages |
menés par les
grandes compagnies de brigands.
La reine Jeanne de Provence, arrière-petite-fille
de Charles d’Anjou, fut assassinée
en 1382. La Provence fut alors déchirée
dans une violente guerre de succession
qui vit triompher Louis II d’Anjou,
neveu du roi de France Charles
V.
René
Ier le Bon, duc d’Anjou,
second fils de Louis II, hérita
de la Provence en 1434.
Sous son règne, la région
connut de nouveau la paix et la prospérité
avant de passer, en 1481, aux mains
de Louis
XI.
Son histoire se confondit alors avec
celle du royaume de France.
Au XVIème siècle, la
Provence fut l’un des grands
foyers de la Réforme en France.
Le protestantisme se répandit
en particulier à l’ouest
du Rhône, dans les Cévennes
et le Vivarais notamment.
Orange, principauté appartenant
à la famille de Nassau, devint
l’un des bastions protestants
en Provence.
La région fut donc longuement
déchirée par les guerres
de religion.
La tranquillité ne revint
vraiment qu’au XVIIIème
siècle, moment où la
région connut un véritable
âge d’or agricole et commercial.
Cependant, au XIXème siècle,
la Provence resta à l’écart
du mouvement d’industrialisation
que vécut alors la France.
Marseille,
qui avait été avant
la Révolution française
l’un des tout premiers ports
européens, se remit difficilement
du blocus continental et ne retrouva
vraiment la prospérité
qu’avec le développement
de la colonisation française
en Afrique du Nord.
La Provence fut, en août 1944,
le cadre du débarquement
de Provence.
À partir du 15 août
1944, 500 000 soldats alliés
débarquèrent sur les
côtes provençales pour
libérer l’Europe occidentale
de l’emprise de l’Allemagne
nazie et faire jonction avec les troupes
débarquées en Normandie
à partir du 6 juin 1944. |